Le collectif des faucheuses et faucheurs volontaires d'OGM était à Strasbourg

Aujourd’hui , devant le Parlement européen, les Faucheuses et Faucheurs volontaires d’OGM viennent dire leur colère.

Le texte de déréglementation des OGM obtenus par les NTG qui doit être soumis au vote est inacceptable et nous demandons aux députés d’avoir la lucidité de le rejeter.

En colère, les Faucheurs, mais habilités à parler d’OGM, en effet ça fait bientôt 30 ans que ces derniers pourrissent leurs vies.

Nous le disons haut et fort, ces Nouvelles Techniques Génomiques (NTG) produisent des OGM et doivent être réglementés. Les NTG sont des usines à OGM. Ce texte est inacceptable, pourquoi ?

Le texte du règlement proposé est mensonger : tout en se réclamant de la Science, il la bafoue :

- d’abord, il prétend à une « équivalence » entre les plantes issues des NTG et les plantes naturelles ou sélectionnées de manière dite conventionnelle, or ce concept d’« équivalence » qui est la clé de voûte de ce texte, est faux, il repose sur des approximations et omissions , qui permettent de légitimer la déréglementation d’une très grande majorité des OGM issus des NTG.

Entre autres, les OGM produits pas ces NTG peuvent présenter des modifications génétiques à des endroits du génome que les techniques dites conventionnelles ne peuvent atteindre, il n’y a donc pas équivalence et ces NTG permettent également de manipuler beaucoup plus d’espèces végétales que les techniques dites conventionnelles.

- Quant à présumer, comme le soutien ce texte, la possible apparition d’un végétal naturel identique à un OGM obtenu par les NTG, sa probabilité selon les mathématiques est de 1 sur des centaines de milliards de milliards. Ce mensonge nie totalement la science des probabilités.

- Ce texte invisibilise également les effets non intentionnels des NGT au prétexte de l’équivalence présumée !  Ces effets sont pourtant réels, constituant des risques sur la santé de tout le vivant et sur ses équilibres écologiques.

- Par ailleurs, il y aurait d’après la Commission européenne, une impossibilité technique de détection et distinction entre ces plantes, autre mensonge qui justifierait cette équivalence. Cela n’est pas vrai, cette détection est possible ! Mais la Commission s’est volontairement appuyée sur des études anciennes puis a retardé le lancement des programmes de développement des méthodes de détection : cette obstruction est politique, elle occulte les connaissances scientifiques récentes.

Ce qui est inacceptable d’autant plus que les industriels ne peuvent protéger leurs brevets que s’ils peuvent identifier leur produits.

Ce texte non fondé scientifiquement est également honteux et offensant, indigne aussi des autorités européennes puisque sur toutes ces bases fausses, il trompe les peuples de 27 pays en Europe qui luttent contre la destruction des paysans, des pays et des paysages.

Il méprise les peuples, en ne tenant pas compte de leur esprit critique. C’est intolérable.

Il est inspiré des lobbies qui, au nom d’un progrès devenu innovation et compétitivité, c’est à dire monnaie sonnante et trébuchante, dictent comment manipuler les foules pour leur seul profit. C’est ainsi que ce texte est truffé d’approximations, de raisonnements fallacieux et d’éléments de langage choisis confinant au doute ou à l’erreur : c’est la fabrique du consentement.

Ce texte qui déréglemente les OGM est aussi inconséquent et dangereux puisque dans la foulée de cette équivalence et de cette soit disant non détectabilité, il affirme qu’il n’y aurait pas besoin d’évaluer leurs risques, de les tracer, et de les étiqueter comme dans les directives OGM. Ce texte renie le principe de précaution.

C’est ainsi que ce processus de déréglementation parvient à justifier le refus d’un droit essentiel des citoyens : celui de choisir librement leur alimentation, quelles que soient leurs raisons : sanitaire, économique, environnementale, politique ou philosophique.

C’est avec ce torchon immonde que le Conseil et la Commission tentent aussi d’imposer les OGM à l’ agriculture biologique et à toute la filière bio et sans OGM qui n’en veut pas. Ce texte vise aussi à favoriser et normaliser les contaminations que le secteur biologique refuse, l’obligeant à développer et à financer des méthodes de traçabilité onéreuses.

Texte inconséquent et dangereux : il concerne les végétaux mais prépare d’autres déréglementations déjà bien avancées concernant les micro-org GM et les animaux issus des NTG. C’est une menace sur tout le vivant.

Il est question de faire croire que les OGM issus des NTG sont proches de la nature ! Ce qui est faux . Les OGM sont artificiels, non naturels quoi qu’on dise ! Et c’est même ainsi qu’ils sont définis par la directive 2001/18 … que ce texte veut torpiller, tellement elle est gênante pour l’agro-industrie et le commerce.

Faut-il rappeler qu’un fossé sépare la nature des OGM : c’est l’intention des hommes (une poignée) de modifier les êtres vivants ! Quel manque d’humilité devant les 3,8 milliards d’années d’évolution de la vie qui donne naissance à la nature qui nous construit, nous environne et qui change à chaque instant : équilibre précaire qui sera détruit, sans compter l’extractivisme indispensable aux productions des biotechnologies et aux outils numériques …  Non, le vivant n’est pas le supermarché de l’industrie !

Texte dangereux pour les semences paysannes,  les PME semencières bio ou conventionnelles puisque le brevetage des NTG n’est pas remis en cause. Ainsi les contaminations (par du pollen ou des graines NTG ) dans les champs non OGM menacent ces filières. D’autre part si des gènes brevetés sont similaires à des gènes naturels présents dans les semences paysannes , les paysans ou les petits producteurs de semences pourront être poursuivis pour contrefaçon de brevets par ceux qui les possèdent,  c’est à dire les grandes multinationales semencières.

Cette déréglementation met également en danger le secteur semencier européen, et particulièrement le secteur semencier français qui est économiquement prospère sans les OGM ! Il met ainsi à mal un des piliers de notre autonomie alimentaire : les semences.

Enfin, ce texte est prétentieux   et illusoire : il est bâti sur les promesses de l’industrie concernant les végétaux issus des NTG qui pourraient selon elle, répondre aux enjeux de la transition écologique et pourrait contribuer à l’adaptation climatique. Il introduit un concept de durabilité des plantes alors que tout paysan le sait : cela n'a aucun sens, seuls les systèmes agraires peuvent prétendre à la durabilité. Ces promesses ne pourront pas être tenues car elles ne tiennent pas compte de la complexité du vivant et de son impossible maîtrise. Par exemple un caractère comme la résistance à la sécheresse d’une plante implique des centaines de gènes en interactions nombreuses avec l’environnement.

En conclusion : ce texte fait la guerre au vivant.

On est très loin de la seule transition possible : l’agro-écologie paysanne qui est une solution réelle scientifiquement documentée et déjà bien expérimentée dans les territoires et qui est la solution pour sortir l’agriculture des pesticides et des OGM, NTG ou pas.

Ce texte européen n’est malheureusement pas le seul de cet acabit , les lois omnibus et les nombreux textes en révision soit disant pour simplifier les procédures, déroulent en fait un tapis rouge aux industriels leur permettant de libéraliser encore plus le marché et augmenter leurs profits.

Par le biais de de l’exécutif européen, nos dirigeants politiques nationaux nous imposent des décisions au bénéfice des multinationales mais contraires aux intérêts des populations. Le discours des lobbies, est en train de prendre un pouvoir considérable au dépend du système parlementaire.

C’est pourquoi, si malgré nos demandes, le texte n’est pas rejeté , nous appelons les eurodéputé∙es à soutenir les amendements qui clarifient la mise en œuvre de la directive européenne sur les brevets (98/44/CE), ainsi que les amendements exigeant la traçabilité, des méthodes de détection, la coexistence et l'étiquetage.

Nous rappelons que nous réclamons depuis toujours un véritable débat citoyen sur la question des OGM. Nous disons : Non aux OGM quels que soient leur appellation

Stop à l’artificialisation du vivant

Stop à l’accaparement du vivant par le brevet

Nous comptons sur les députés pour respecter leurs populations dans leur droit, dans leur diversité agricole , culturelle et alimentaire.

La biodiversité de nos territoires est une grande richesse pour l’Europe.

Préservez là ne l’offrez pas aux multinationales !

 

 

 

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