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    Le 28-03-2018 / 10.57      





    POURQOUI LA FNSEA EST-ELLE ACCRO AU GLYPHOSATE E


    La Commission européenne vient de décider de reporter le vote sur le renouvellement de la licence du glyphosate, une molécule présente dans de nombreux herbicides, et considérée comme cancérogène probable. Alors que de plus en plus d’agriculteurs français dénoncent une « hécatombe »provoquée par les cancers liés aux pesticides, le principal syndicat agricole, la FNSEA, met tout en œuvre pour défendre l’usage du glyphosate, le plus longtemps possible, quitte à s’allier avec l’industrie des pesticides. Basta ! s’est penché sur les raisons d’une telle détermination, entre business et conflits d’intérêts.

    « Il faut arrêter d’emmerder le monde agricole ! » Le 22 septembre dernier, 250 agriculteurs, emmenés par la FNSEA, le principal syndicat agricole, bloquent les Champs-Élysées en étalant de la paille. Ils dénoncent la position du gouvernement français sur le glyphosate – l’herbicide le plus utilisé au monde, ingrédient actif du Roundup, produit phare de la firme Monsanto, et classé cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé. Le gouvernement français envisage alors de ne pas voter la proposition de la Commission européenne d’autoriser à nouveau le glyphosate pour les dix prochaines années [1]A Bruxelles, la FNSEA fait front commun avec le lobby des pesticides pour montrer qu’une interdiction du glyphosate provoquerait, selon eux, une baisse de la production de céréales. Comment expliquer l’attachement du syndicat agricole majoritaire à ce désherbant jugé cancérogène par plusieurs études indépendantes ?

    Pour le comprendre, prenons la direction de Landerneau, en Bretagne. C’est ici que siège Triskalia, la plus grande coopérative agricole de la région. Elle emploie 4800 salariés et fédère 16 000 agriculteurs adhérents, pour 280 sites en Bretagne. Son conseil d’administration est géré par des agriculteurs membres de la FNSEA [2]. En 2016, Triskalia a réalisé un chiffre d’affaires impressionnant, à hauteur de 1,9 milliards d’euros. « Ils vendent des aliments pour le bétail, du lait... mais quand on regarde les bilans annuels, l’activité la plus rentable est la vente de produits phytosanitaires » observe Serge Le Quéau, de l’union régionale Solidaires. La vente de pesticides constitue, avec l’alimentation destinée aux animaux d’élevage, le principal levier de profits de Triskalia, sans commune mesure avec ce que lui rapporte la commercialisation de véritables produits agricoles (lait, céréales, œufs...).
     
    Les pesticides : une machine à cash pour les grosses coopératives agricoles
     

    La stratégie de la coopérative va donc se concentrer sur ce marché des produits chimiques : Triskalia s’appuie sur 120 techniciens spécialisés pour apporter des conseils aux agriculteurs adhérents.... tout en faisant la promotion des produits commercialisés par la coopérative. « Sur le terrain, des techniciens vont de ferme en ferme, vendre des semences de plus en plus productives mais aussi de plus en plus sensibles. Ils fournissent dans la foulée des produits chimiques, au lieu de faire de la prévention, et de proposer des méthodes alternatives », déplore René Louail, ancien conseiller régional Europe Écologie-Les Verts en Bretagne et membre du Collectif de soutien au victimes des pesticides de l’Ouest. Cette pratique est commune à nombre de coopératives gérées par des représentants de la FNSEA. Interdire le glyphosate, c’est se priver de plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Résultat : alors que les gouvernements successifs cherchent, avec le plan Ecophyto, à réduire par deux l’usage des phytosanitaires – l’appellation officielle des pesticides – d’ici 2018, leur épandage ne cesse d’augmenter. Le dernier bilan du plan Ecophyto 2 révèle un échec total, avec une augmentation de l’usage des pesticides de 6 % entre 2011 et 2014 [3]« Il y a d’un côté l’affichage politique, et de l’autre côté des pratiques commerciales exactement inverses, observe Serge Le Quéau. Les commerciaux employés par les coopératives ont des objectifs de vente qui prévoient une hausse des produits phytosanitaires, et subissent une forte pression managériale. » La rémunération des techniciens au sein des coopératives agricoles reste souvent liée à la quantité de pesticides vendus, même si la pratique « tend à disparaître » [4].

     


     

    Glyphosate : la guerre du faux a bien eu lieu

    Renouvellera, renouvellera pas ? L’incertitude sur le renouvellement de licence du glyphosate au sein de l’Union européenne reste entière. Cela fait suite au second report, ce jeudi 9 novembre 2017, d’un vote organisé par Bruxelles à ce sujet.

    Une prochaine réunion devrait avoir lieu rapidement, la licence de l’herbicide contesté de Monsanto expirant le 15 décembre prochain. La France s’oppose au renouvellement de 5 à 7 ans proposé pour ce produit, sans avoir pu cependant faire émerger une majorité en ce sens.

    Lire la suite: https://theconversation.com/glyphosate-la-guerre-du-faux-a-bien-eu-lieu-86291?utm_source=facebook&utm_medium=facebookbutton


    Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'actualité, hier manif des agriculteurs (FNSEA et JA) sur les Champs-Élysées contre l’interdiction du glyphosate :

    https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/manifestation-250-agriculteurs-bloquent-l-acces-aux-champs-elysees-5263947
    « Soja argentin : OGM », « Macron tue » ou encore « blé ukrainien radioactif » étaient notamment inscrit sur un conteneur placé à l’entrée de l’avenue.
    Les manifestants protestent contre la possibilité d’importer des produits agricoles traités à des herbicides comme le glyphosate, alors même que la FNSEA craint que le gouvernement interdise unilatéralement l’emploi de tels herbicides en France.

    http://www.lalsace.fr/actualite/2017/09/22/interdiction-du-glyphosate-manifestation-surprise-des-paysans-a-paris
    Hulot : "Moi, je ne prends aucun risque avec la santé. Je ne suis pas scientifique, donc je ne vais pas affirmer des choses simplement de ma boule de cristal. Je ne veux pas nous retrouver, dans quelques années, ni vous, ni moi, ni vos responsables devant la justice, parce que nous aurons su les choses et que nous n'aurons pas pris nos responsabilités", a-t-il lancé aux agriculteurs



    18/09 - Interview de MM Robin : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/le-glyphosate-un-scandale-pire-que-l-amiante-selon-la-marraine-du-proces-monsanto-7790144817
    Un énorme scandale sanitaire." Marie-Monique Robin ne mâche pas ses mots au moment d'évoquer la situation du glyphosate. La journaliste d'investigation a assisté au procès symbolique de Monsanto, l'entreprise commercialisant la molécule du glyphosate, qui s'est tenu à La Haye l'année dernière. "C'est pire que le scandale de l'amiante puisque le glyphosate est partout, pas juste cantonné dans les usines. Et il peut agir à des doses très faibles."
    Les juges ont estimé que Monsanto n'était pas en accord avec les droits humains. La multinationale a dénoncé de son côté "une mascarade". "Monsanto tire les ficelles, a des alliés dans les agences de réglementation, reprend la journaliste qui dénonce des conflits d'intérêt. Il y a plein d'argent en jeu." Selon elle, les toxicologues chargés d'évaluer la toxicité des produits avant leur mise sur le marché, ont souvent travaillé pour les entreprises du secteur auparavant.

    Et encore,
    15/09 - http://www.europe1.fr/societe/pour-evaluer-le-glyphosate-lunion-europeenne-aurait-copie-colle-monsanto-3437141
    Une centaine de pages copiées-collées. Or, selon une enquête de La Libre Belgique et RMC, l'Union européenne s'est en réalité largement inspirée du rapport de Monsanto pour produire le sien. "Une centaine de pages" du rapport de l'Union européenne seraient ainsi copiées-collées des conclusions de Monsanto, publiées en 2012. Une étude menée au Paraguay au début des années 2010, qui faisait un lien entre l'exposition au glyphosate et des malformations sur des nouveaux-nés a ainsi été jugée peu fiable par Monsanto. Avant de subir le même traitement dans le rapport de l'Union européenne, qui ne s'est en réalité pas penchée dessus, selon RMC.

    Bon, j'arrête là !...
    Ania


     

     

     

     

     

     

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